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 Anne Belle, simple, pure héroïne assujettie au temps. A ce temps qui s’écoulait, qui faisait qu’inexorablement l’on s’éloignait de l’instant présent après avoir vécu celui passé sans même s’en apercevoir. Or il passait plus que rapidement pour elle dans le présent, et ce malgré sa volonté de le freiner.

   Anne Belle, comparable à l’éphémère, était parmi les plus intemporelles.

   Elle prit naissance dans le lieu le plus profond qui soit de la tourmente de son créateur, au tréfonds de son âme.

   Si belle, que l’on osait à peine en faire référence de peur de la froisser, si d’aspect diaphane que le moindre bruit nous était interdit, elle pouvait se volatiliser.

   Inconséquente au demeurant, pourtant si elle, si nous. Dans un élan de vie, elle saura à tout jamais nous faire comprendre les souffrances de son existence, de l’existence.

   Il l’avait voulue, imaginée, rêvée telle qu’elle était, si fragile, si dévergondée, si catin, si humble, si pleine de candeur, si belle, si aimée, si aliénée, enfin… Et tant d’autres mots encore, mon amour, il aurait voulu te dire, de tant d’attributs si parfaits, il aurait voulu te parer.

   Seulement, voilà, le temps te manquait, autant qu’il lui manquait pour te dire ce qu’il n’avait jamais pu dire ou faire dire à quiconque. Tous ces mots éternels qui traduisaient des promesses, que notre volonté en tous instants, ne cherchait qu’à ne pas tenir.

   Durant un temps, pouvait-on parler ainsi lorsque l’on avait passé sa vie afin de découvrir ce qui nous intéressait ? Il avait quêté, il avait cherché, il avait fouillé, il avait creusé jusqu’au plus profond de ce qu’il était capable de réaliser. Il avait, des hommes, scruté leurs pensées, leur âme jusqu’à trouver celui qui parfait te satisferait.

   En vain. Il l’avait voulu cet amour si clair, si simple, si limpide, si sans salissures des hommes. A l’issue de sa quête, de sa fouille méticuleuse, il avait mis à jour pour toi, son cœur s’en réjouissait encore, une jeune femme qui trop t’aimât.

   Il dut, cause de trop d’amour et principalement pour le bon déroulement de son aventure dans le futur, te voir rencontrer le non être. Celui qui déjà s’était présenté à lui. En tout bien tout honneur, te faire disparaître.

 

   Le hasard. Le hasard… Mais, était-ce réellement le hasard ? Disons alors, les événements avaient voulu que l’auteur te fasse naître à Vierzon. En l’an…, mon Dieu ! Peu importe… Le tout étant que tu aies vingt deux ans.

Anne Belle

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